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Redon est l'invité de Thomas Baumgartner dans le cadre de son émission "L'Atelier du son".

Portrait par Christophe Domino
Repères & Dates - sélection
    • D'ÉCOUTE EN MARCHE...


      L’univers de Pierre Redon est ainsi fait, entre musique des sphères et réalité ethno-sociologique, entre mémoire et présent instantané. Et c’est cet entre-deux qui a donné les formes actuelles de son travail. Image, son, musique, topographie, ethnographie, marche, écoute, observation, écologie, économie, politique et poésie, traditions culturelles et rationalité utilitaire, localisme et empathie naturaliste, ruralité et modernité, ces enjeux se nouent dans des formes variées, empruntées aux choses et aux gens rencontrés in situ. Pierre Redon construit ses propositions sans a priori formel, à partir d’une pratique ancrée dans la musique et le sonore, et, avant ou autant que celle de l’art, d’une expérience du monde. Une expérience qui commence certes dans le paysage de son enfance, du plateau des Millevaches qu’il a couru, gamin. S’il est capable aujourd’hui d’emprunter à l’occasion le rôle du sauvageon rustique, c’est par manière aussi de déjouer une posture trop identifiée de l’artiste, qu’il est assurément mais sans en endosser les obligations —celle d’une identité stable, d’une constance dans les modes de productions, de formes—, sans se draper dans un étendard théorique : c’est bien plus une rhétorique du vécu qu’il entend nourrir. Et si le local fait la matière de plusieurs de ses parcours sonores récents, c’est non tant comme une position de repli sur une préoccupation identitaire, mais comme l’échelle de perception où le spectacle du monde s’impose à chacun dans sa complexité, sa densité. À l’heure où s’écrivent ces lignes, il est loin des sous-bois de l’hiver limousin, parti se mesurer à d’autres ici, au Yemen et en Turquie, sans avoir forgé d’attente ou d’objectif en termes de forme ou de format d’œuvre ; mais avec une vigilance d’arpenteur concerné par les enjeux des conditions de vie humaines et naturelles, et une attention visuelle et sonore ; attention paysagère, marquée par la conscience environnementale fondée sur une perception personnelle bien plus que militante ou politique des préoccupations écologiques. Une perception par l’écoute.

      L’itinéraire de Pierre Redon est d’abord celui d’un musicien, du rock à la musique électronique et improvisée. En parallèle, le travail en collectif, en particulier l’Oreille électronique entre 1999 et 2004, est une ouverture transdisciplinaire, dont il garde l’esprit aujourd’hui dans ses pratiques. Artiste sonore, il touche aussi à l’image, par le dessin, participe à la réalisation de films, continue à composer et conçoit, depuis 2007, des Marches Sonores. Celles-ci tiennent à la fois de l’aboutissement et du commencement : aboutissement dans la manière de travailler la matière sonore à partir de la voix et de la parole, de l’atmosphère sonore en plus que de la composition musicale. Ainsi croise-t-il (ou les mixe-t-il ?) une démarche documentaire et les matériaux enregistrés, constitués tant de voix, de captations que de créations sonores. L’écriture des marches mêle ainsi travail de repérage, d’entretiens, de prélèvements, de montage, de composition, mais aussi de mise en place de dispositif d’écoute. Il y a à cela une dimension pratique, de reconnaissance et de balisage des parcours eux-mêmes, mais aussi un travail de conviction et de participation des habitants et des acteurs, institutionnels, politiques… Comme toute forme publique d’art, les marches demandent en effet une inscription sociale, part intégrante de la démarche. La mise en œuvre comme la mise à disposition publique demande que les marches soient inscrites dans le territoire, topographiquement comme humainement. Dans les Vosges, sur le plateau de Millevaches, à Saint Ouen l’Aumône, le rendez-vous est donné ici à la Maison d’accueil, là à l’Office du tourisme, ou dans un centre d’art, pour se mettre en marche.

      La marche a acquis sa place au nombre des pratiques non spécifiques de l’art, attitude-forme qui de dérive en trajet, en milieu urbain ou « naturel », impose sa temporalité, sa disponibilité. Pour deux, trois ou quatre heures, Pierre Redon propose un itinéraire sur une carte qu’il conçoit de manière à marquer étapes et rendez-vous, selon une cartographie dynamique et symbolique. Des rendez-vous avec soi-même, puisqu’équipé d’un lecteur portable, la dizaine, la douzaine de moments enregistrés sont à disposition, au gré de points de rendez-vous balisés, à écouter selon les cas à l’arrêt ou en mouvement.

      Dès lors, jouant de cette subjectivation banale du sonore qu’ont produit les baladeurs, l’environnement sonore du marcheur se dédouble. Aux sensations directes, au mouvement de la marche, à l’attention portée à l’itinéraire, à l’assurance de ses pas, à l’observation des signes et éléments environnants comme à ceux du corps en marche, —souffle, rythme, échauffement, effort (même s’il n’est jamais sportif), fatigue, à l’énergie de l’allant— s’ajoute la présence sonore parfois indistincte de la situation présente, parfois venue de l’enregistrement. Les voix, les nappes électroniques aux couleurs à la fois atmosphériques et musicales produisent une perception aiguisée de l’instant, faite de la superposition de la présence à soi-même et de partage d’un ailleurs immédiat et distant à la fois. Les voix-off des témoins, habitants, acteurs et actifs, apportent l’épaisseur de l’histoire —leur mémoire, parfois nostalgique— autant que des informations sur les pratiques locales, en matière d’élevage, de cueillette, de flore, de traditions ou d’expérimentations, ou encore de mémoire sociale, industrielle et urbaine. Se mêlant au présent du marcheur, pendant environ un tiers de la durée des parcours, chacune des pièces sonores de Pierre Redon produit une manière de réalité augmentée, de démultiplication de perception sans démonstration technologique, au plus près d’un état de conscience densifié, d’une expérience personnelle, sans l’autorité du précepte ou du mot d’ordre. La notion de paysage sonore, telle qu’elle a pu être dessinée par un Murray Shafer et telle surtout qu’elle est aujourd’hui portée au travers entre autres, de penseurs, d’écrivains, d’artistes (mais aussi rajouterait Pierre Redon de citoyens ordinaires dans leurs modes de vie, leurs pratiques) se dessine ici au gré de ces marches sous une forme directe : les dimensions esthétiques, didactiques, critiques se mêlent à celles patrimoniales et parfois traditionnelles des discours croisés, parlés, musicaux, dans une forme ouverte, qui n’a pas fini de s’élargir puisque les parcours sont en passe de prendre d’autres dimensions, avec par exemple un projet à l’échelle du cours de la Loire.

    • 2014 / 2015

      - Marche Sonore [EAU] #3 à l’échelle de la Vienne et de la Loire. Commande publique (CNAP) transrégionale (Région Limousin, Poitou-Charente, Centre et Pays de la Loire).

      - Les rencontres du Tülü (concert, exposition, conférence, workshop) en partenariat avec la Cité internationale de la Tapisserie et la Scéne Nationale d’Aubusson.

      - 9, pièce sonore pour 8 voix, shō et électronique. Projet musical en cours de réalisation autour de la voix, du souffle et d’instruments traditionnels.

      2012 / 2013

      - Tülü création sonore et multimédia en partenariat avec la fondation La Borie en Limousin le CIAP de Vassivière et K2 Izmir.

      - Marche Sonore « Corps dans l’espace public, genre et sexualité » commande de la Ville de Reims au sein du développement de la friche artistique. En collaboration avec l’activiste intersex américaine Hida Viloria.

      - Interview dans l’atelier du son de Thomas Baumgartner sur France Culture et dans Tapage Nocturne de Bruno Letort sur France Musique.

      - Sortie du coffret Marches Sonores [EAU] #1 & #2 aux éditions MF en partenariat avec Quartier Rouge.

      de 2007 à 2011

      - Direction et programmation pour la résidence d’artiste La Pommerie / Appelboom, -www.lapommerie.org- lieu de production artistique et de recherche. Mise en œuvre d’un programme avec des artistes ou des chercheurs invités autour des questions du territoire, de l’écologie et de l’art sonore.

      2011

      - Atelier de création musicale et sonore avec l’école de musique de Brive-la-Gaillarde.

      - Table ronde art-son-territoire. Journée thématique organisée par le Musée de l’Abbaye et le Parc Naturel du Haut-Jura.

      - Conférence sur les Marches Sonores à Paris. Journées d’études «Pour une anthropologie des milieux sonores» organisées par le collectif Milson aux Beaux-Arts de Paris et au Musée du Quai Branly.

      2010

      - Conférence au parc de Bercy (Paris) - cycle création musicale et jardins #2 proposé par le CDMC (Centre de Documentation sur la Musique Contemporaine)

      - Projection Miage et atelier son dans le cadre du festival Doc’ouest à Pléneuf-Val-André (22)

      - Ateliers territoire, cartographie & son en partenariat avec le C.I.M. de Bar le Duc (55)

      - Ateliers territoire, cartographie & son pour les étudiants de l’École Nationale Supérieure d’Art de Limoges/Aubusson (87)

      - Conférence / Au-delà du paysage, Marches Sonores : l’écologie humaine comme trame du sensible. École Nationale Supérieure d’Art de Limoges/Aubusson (87)

      - Musique de Film Une vie après Oradour réalisé par Patrick Séraudie - Production : Pyramide Production (87).

      - Édition du livre sur la Marche Sonore « Vestiges ou les fondements d’une cyberécologie » aux éditions MF.

      2009

      - Marches Sonores [EAU] #1 / #2

      En collaboration avec Edmond Carrère - Faux-la-Montagne - Felletin (23)

      Production : Quartier Rouge, Pays’Sage & Les Soeurs Grées

      - Musique de Film - Voyage au bout de la nuit par Patrick Séraudie

      Production : Pyramide Production (87)

      - Miage - Film documentaire coréalisé avec Edmond Carrère

      Production : Pyramide Production & Les Soeurs Grées

      - Marche Sonore « Vestiges ou les fondements d’une cyberécologie » à Saint-Ouen-l’Aumône

      Production : Abbaye de Maubuisson (95) & Musée de l’Éducation du Val-d’Oise

      - Conférences / Au-délà du paysage. Marches Sonores : l’écologie humaine comme trame du sensible

      Université de Nanterre (75) au L.A.D.Y.S.S. organisées par Nathalie Blanc

      École nationale Supérieure d’Architecture de Clermont-Ferrand (63)

      2008

      - Conférences sur Les Marches Sonores

      Abbaye de Maubuisson (95), Le centre du son (38), centre culturel de Terrasson (24)

      - Musique de Film - La Petite Russie réalisé par Patrick Séraudie

      Production : Pyramide Production (87)

      2007

      - Deep Inside - Installation en collaboration avec le plasticien sonore François Martig

      Production : résidence à la Pommerie (19)

      - Marche Sonore au Markstein

      Production : PNR des Ballons des Vosges (68), Festival Plein les Sens, Syndicat mixte du Markstein

      - Installation sonore et documentaire autour de Par les Villages de Peter Handke

      Production : Traverses et les Maynats, à Bagnère de Bigorre (65)

      - Musique de Film - Une Histoire Galicienne réalisé par Patrick Séraudie

      Production : Pyramide Production

      2006

      - Miage

      Écriture du scénario, en collaboration avec le réalisateur Edmond Carrère, du documentaire

      sur la sédentarité et le paysage dans la vallée des Contamines-Montjoie (Haute-Savoie)

      Production : Pyramide Production

      - Installation sonore et documentaire Autour de la Carrière de Campam (Haute-Pyrénnées) avec Edmond Carrère, Jean De Boysson et Alexandre Kittel

      2005

      - Conférence sur les musiques paysagères Festival Musique Inventive d’Annecy

      - Structure I (sculpture sonore) pour le festival Jazz à Luz (65)

      - Atelier Le son dans le paysage à Luz Saint Sauveur (65)

      - Concert solo & accompagnement du spectacle de Christine Quoiraud - Point Ephémère - Paris

      - Le ça, concert avec Jef Sicard, Fabien Bourdier et Miguel Arcos au Jardins des Voluptés - Paris

      2004

      - Spéléologie

      Concert avec Fabien Bourdier et Marc Guillerot au Centre d’art Contemporain de Meymac (19)

      - Structure I

      Spectacle et travail pédagogique au C.C.B. à Lisbonne (Centre Culturel de Belém) – Portugal

      2003

      - Concert avec Etsuko Chida (Koto, voix - Japon)

      - Festival Co-lab - Teatro Aberto Porto (Portugal)

      - Résidence avec Etsuko Chida (Koto, voix - Japon) - La Pommerie (19)

      - Résidence avec le bassiste hollandais Luc Ex

      C.C.M. Jean Gagnant à Limoges & La Maroquinerie - Paris

      - Interview dans « Tapage Nocturne » de Bruno Letort - France Musique – Paris

      2002

      - Concert solo - Festival Plein les Sens / Jazz à Mulhouse (68)

      - Structure I - Avec le performeur Marc Guillerot et le sculpteur Jean-Pierre Valette. Festival des arts de la rue Urbaka - Limoges (87)

      2001

      - Strobofix

      Création avec Marc guillerot, Jllj’s reeds, Pierre Lasternas, MA-DSR et VJ Telmat autour de l’oeuvre de W.S. Burroughs / C.C.M. John Lennon - Limoges (87)

      - Concert avec Marc Guillerot et toy.bizarre pour Apo 33 au Pannonica à Nantes

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